blakkklansman - biopic, comedie, policier

BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan est un film américain coécrit et réalisé par Spike Lee, sorti en 2018. Il s'inspire d'une histoire vraie au sein du Ku Klux Klan.

Durée : 2h15

Date de sortie  : 10 Août 2018 (USA)

De : Spike Lee

Avec : John David Washington, Adam Driver

Genre : biopic, comédie, policier

Nationalité : Américain, 

Distribution
 

Synopsis 

A la fin des années 70, Ron Stallworth, jeune inspecteur noir qui vient d’entrer dans la police de Colorado Springs et veut faire ses preuves, tombe sur une petite annonce du Ku Klux Klan. L’organisation pour la « suprématie blanche » recrute… Ron décroche son téléphone, se fait passer pour un raciste blanc de la plus sale eau, et déblatère avec aplomb sur les « nègres ». Seule erreur : ce bleu se présente sous son vrai nom ! Son interlocuteur, séduit par autant de haine, propose une rencontre. Puisque, d’évidence, Ron ne peut s’y rendre, c’est un autre policier  qui ira au rendez-vous à sa place. Son collègue Flip Zimmerman, qui est juif. Voilà donc la cellule du KKK de Colorado Springs infiltrée par un Noir et un Juif, qui vont se retrouver proches de David Duke, le responsable national du mouvement

Critique Télérama 

Puisque ceci a les apparences d’une blague (et que le livre de mémoires de Ron Stallworth, paru en 2006, était déjà bourré d’humour), Spike Lee s’en donne à cœur joie : pas de pitié pour ces bouseux bas du front et paranoïaques qui prétendent représenter la crème de la race blanche et faire le ménage. Voir un raciste pur jus se faire balader au téléphone par l’incarnation même de ce qu’il honnit est un plaisir jubilatoire. Spike Lee enfonce le clou, avec un certain humour répétitif : à l’heure de Trump, pas de subtilité qui vaille, c’est dent contre dent, mépris contre mépris. Cette comédie très noire et ultra rythmée avance vers un grand moment dramatique où le cinéaste fait montre d’un sens du montage, en parallèle, qui glace le sang.

D’un côté une « messe » du Klan avec baptême des nouvelles recrues et projection de Naissance d’une nation de Griffith, devant lequel les membres postillonnent littéralement leur haine et applaudissent à la mort des personnages noirs comme à la corrida. La caméra de Spike Lee passe et repasse devant eux jusqu’à nous écoeurer. De l’autre, au même moment, une réunion organisée par une jeune étudiante noire militante du Black Power où un vieil homme (incarné, superbe idée, par Harry Belafonte, le premier acteur noir à avoir lutté pour les Droits Civiques) fait le récit, insoutenable, du lynchage de Jesse Washington, qui, en 1916, fut émasculé, carbonisé, et pendu à un arbre. Les photos de son corps calciné furent même imprimées et vendues comme cartes postales.

Rappeler l’horreur absolue du racisme. Se moquer, sans relâche, de ces Blancs qui prétendent à la suprématie. Mettre la musique à fond (la bande son est géniale) pour noyer les affronts. Mais aussi, comme un leader du Black Power y exhorte son public, au début du film, dire et redire la beauté des Noirs. Les exhorter à la fierté. C’est là que Spike est le plus fort : lors de ce discours, il cadre et isole des visages dans l’auditoire. Trois femmes, ici. Deux hommes et une femme, là… Sublimes images d’une puissance artistique qui vaut tous les manifestes. C’est à ces visages-là que l’on pensera, à la fin du film, lorsque le réalisateur rappelle les événements de Charlottesville. Après avoir ri contre la bêtise la plus dangereuse, on a envie de lever le poing, comme dans les années 70.

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