Visioconférence sur les séries
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Mardi 9 mars 2021 à 18h30

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* Le lien vous sera transmis 48h avant la visioconférence

 

" Les séries : une nouvelle forme artistique de divertissement audiovisuel qui concurrence le cinéma ? "

 

Visioconférence avec la participation de Xavier Leherpeur, journaliste et critique de cinéma. Animateur de l'émission Une heure en séries sur France Inter.

 

L’approche « Arts & Essais », propre au cinéma d’auteur, semblait absente du paysage des séries. Or, peu à peu les choses ont changées et les thèmes mis en lumière par de nombreuses séries ont le mérite d’évoquer de réels problèmes sociétaux sans concession à travers des récits accessibles au grand public. Peut-on dire aujourd’hui que le genre « Séries » a acquis ses lettres de noblesse ?

 

L’idée directrice de cette conférence est de raconter comment la télévision, plus souple dans ses moyens de productions, plus réactive et plus militante aux grands événements historiques et bouleversements sociétaux, a régulièrement eu une longueur d’avance sur le cinéma comme marqueur de nos sociétés et affirmation de ses revendications.

Dix ‘têtes de chapitres’ génériques pour raconter (un peu) le rôle et la responsabilité sociologiques de la série télé.

 

1/ Les grands pouvoirs la justice, la politique et le journalisme : Comment les principaux pouvoirs sont décryptés et disséqués par la série télévisuelle :

  • La politique (House of Cards les deux versions, Baron Noir, A la maison blanche, Spin City, Borgen…)
  • La justice (Perry Mason, Scandal, Messieurs les jurés, Julien Fontanes, Ally Mc Beal, Damages, Engrenages)
  • Le journalisme (The Hour, The Newsroom, The Morning Show, The Loudest Voice, Father, MotherSon)

2/ La Lutte des classes : Colombo, Downton Abbey, La Casa De Papel, Brave New World ou encore Snowpiercer… tous genres confondus ces séries parlent de la lutte entre riches, puissants, détenteurs de pouvoir et la résistance des pauvres et des laissés pour compte…

 

3/ Les femmes : De I love Lucy à Murder (en passant par Emma Peel, Ma Sorcière bien-aimée, Buffy, Wonder Woman ou encore Les drôles de dames) comment les femmes se sont affranchies et ont délaissé leurs cuisines où on les cantonnait pour investir les rôles de potentats masculins (flics, avocates, super-héroïnes) et ont acquis une complexité d’écriture rarement atteinte chez les hommes.

 

4/ La famille : De La Petite maison à This is us en passant par Papa Poule une des premières séries françaises à montrer un père ‘célibataire’ avec des enfants issus de différents mariages), Alf (une famille recomposée avec un Alien), Friends (la famille que l’on se choisit), The Affair (le couple en désaffection), Modern Family (toutes les déclinaisons hétéro et homo de la famille) Fais pas ci fais pas ça (la vie de famille version acide et frenchie), La vie à cinq (vivre sans les parents sans rompre le lien) ou encore Shameless (la famille sans morale, mais avec des valeurs)… comment les séries ont su saisir l’évolution de la famille moderne.

 

5/ Le grand capital : Comment de Dallas à Succession, le monde des affaires et de l’hypercapitalisme inspirent des séries  très différents parmi lesquelles Billions, Breaking Bad, Ozark Narcos ou l’inattendu Iron Fist (un super héros qui renonce à la fortune et la banque familiales pour lutter contre les agissements mercantiles de sa famille)

 

6/ L’altruisme : Ou comment les séries ont peu à peu répondu à la glorification de l’argent roi par des séries replaçant l’homme et la femme au cœur de structures sociales et/ou médicales. Heartbeat, Urgences, Call the Midwife, Scrubs, Nurse Jacky, Dr House, Good Doctor, Grey’s anatomy, Hippocrate,

 

7/ La télé en couleurs ou la représentation des noirs dans les séries :

Des sitcoms communautaristes (Cosby Show, Prince du bel air) à Luke Cage à When they see us (dans leurs regards) et Small Axe (bientôt sur Prime) en passant par Atlanta, Watchmen, Black Lightning, Luther… la caractérisation de l’héroïne ou du héros noir dans la série et comment elle a migré de l’humour de la sitcom à des séries plus dramatiques et qui ont su rééquilibrer l’incarnation de la communauté noire dans une réalité plus complexe et moins pittoresque (Lovecraft Country).

 

8/ Le genre LGBTQ+ : De Dynastie à Pose comment les séries ont observé et accompagné les luttes pour l’égalité des sexes, des sexualités et des genres par les séries phares : Clara Sheller, Les engagés, Sense 8, Queer as folk (UK &US), Sur écoute, Will and Grace, Noah’s arc, Hollywood, L Word, Orange is the new Black, Looking, The Bisexual, Pose.

Focus sur les séries DC comics et l’alliance super héros et figures représentatives de la communauté LGBTQ (Arrow, Flash, Black Lightning)

 

9/ L’histoire et les versions non officielles : Comment, de Mash à The Crown, les séries empoignent l’Histoire pour mieux contourner et révéler les limites de la vérité officielle (Racines, Cold Case, Chernobyl, Les Tudors, Peaky Blinders, un Village français, Versailles, Berlin 56, Underground, The spy…)

Avec une sélection des meilleures uchronies : The plot against America, The Man in the high Castle, Doctor Who, Counterpart ou encore le récent Hollywood.

 

10/ L’animation : un trait d’irrévérence - Des Shadocks à South Park en passant par Téléchat, Le Muppet Show, Les Simpsons, Daria, Bob L’éponge ou encore Our Cartoon President comment l’animation ou les marionnettes, sous couvert d’être des genres lénifiants pour enfants, ont insufflé un délicieux mauvais esprit irrévérencieux